Le couple

Nos trois unions

 

Célibataires ou mal accompagnés, beaucoup d’entre nous, chercheurs spirituels, rêvons du ou de la partenaire idéal(e), à la hauteur de nos innombrables attentes afin de mener une vie belle et magnifique.

Ce couple idéal, nous l’avons tous fantasmé.

Hors, être deux personnes s’intéressant à la spiritualité ne suffit pas à former une véritable union spirituelle.

La réalité est beaucoup plus exigeante que ça.

La vie nous l’a vite fait comprendre.

 

1ère union : Un mariage de Vérité.

 

Englués dans nos sentiments amoureux, nous aspirions à unir nos deux personnages en imaginant que le bonheur allait couler de source, mais c’était sans compter sur la force et la puissance de nos deux egos respectifs.

En effet, en février 2016, la veille même de cette première union où nous comptions échanger nos bagues dans un coin de nature près de chez David, dans le Maine et Loire (j’habitais alors en Picardie), suite à une dispute tumultueuse, nous pensions déjà à nous séparer.

Mais avant notre rencontre, nous avions tous deux fait un important travail thérapeutique et spirituel, nous permettant d’avoir un certain recul sur ce qui nous animait respectivement, alors très vite, nous réalisions qu’il allait être indispensable de revenir à la source de notre intension première :

 

« Pourquoi cette union ? Quelles étaient nos véritables motivations ? ».

 

Nous en déduisions alors qu’il nous manquait deux éléments :

- Aller plus profondément dans ce travail de dépouillement personnel.

- Et la notion de partage de cette expérience intense à deux.

 

Ainsi cette quête de vérité qui nous animait individuellement allait se retrouver décuplée par le quotidien du couple.

Notre union n’allait donc pas nous apporter quelque chose en plus mais au contraire, nos personnages et nos croyances commençaient à se dissoudre progressivement sous le regard bienveillant mais intransigeant de l’autre.

A chaque situation de crise où l’un appuyait inévitablement sur l’une des blessures de l’autre ou quand nos choix ou conditionnements s’affrontaient, une décision commune devait s’imposer ;

Etre heureux ou avoir raison ?

 

En effet, ne croyez pas qu’il suffit de s’aimer d’un amour romantique pour grandir sereinement ensemble et être heureux. Nous sommes tous comme des bonhommes de neige roulés et bedonnés dans des couches émotionnelles, figés dans nos croyances avec la carotte du bonheur au bout du nez.

Fous amoureux ou pas, dès que ça chauffe un peu, c’est la panique ! Cette peur effroyable de fondre comme la neige, nous pousse à accuser le soleil de trop briller. Alors, dans cette question de vie ou de mort, le cœur se referme aussi vite qu’il ne s’est ouvert. Et quand s’est fermé, la clé n’est pas toujours dans la Foi mais aussi dans la bonne foi. Celle qui dit « arrête de te mentir à toi-même et de vouloir avoir raison et regarde ton personnage qui a mal. »

Ce qui implique de se dire « Ok ! J’accepte de me remettre en question et d’aller en MOI, voir ce qui me touche vraiment. J’accepte d’être dans la vérité de ce qui se vit en MOI et j’essaie de ne plus t’accuser de mes maux. »

Pas facile ! Mais pour l’avoir testé, c’est déjà un bon point de départ qui nous a souvent permis de désamorcer des situations douloureuses et volcaniques.

 

Suite à cette première prise de conscience, dans un état plus calme et dans une conscience plus ouverte, nous avons donc tout de même fait cette première union.

A la différence près, nous nous sentions plus liés encore.

 

 

 

Ainsi, dans cet ultime objectif, petit à petit,

le couple allait alors devenir un écrin

où chacun allait pouvoir découvrir

sa véritable nature.

2ème union : Cérémonie spirituelle de notre couple et communion avec la Bretagne

 

Juillet 2017, voici un an que notre petite famille recomposée s’harmonise entre elle avec les énergies bretonnes, suite à nos déménagements respectifs.

C’est l’occasion pour nous de célébrer cette date d’anniversaire en organisant une cérémonie sur un lieu vibrant, avec nos enfants.

Que de chemin parcouru en un an !

Nos enfants évoluent au même rythme que nous, ils sont nos miroirs et se sont appropriés nos outils pour les utiliser entre eux.

Nous avons tous trouvé nos marques et chacun est capable d’observer ses parts blessées respectives sans trop longtemps s’identifier à elles.


Les lieux très forts nous ont également beaucoup appris sur nous-mêmes, nous poussant dans nos retranchements. Impossible de faire semblant et de mettre un masque, nous n’avions nul choix que d’être dans notre vérité sous peine de représailles. Notre lieu d’habitation est très exigeant au niveau vibratoire et demande beaucoup d’engagements.

C’est parfait pour accueillir des stagiaires dans le cadre de stages thérapeutiques mais au quotidien, cela demande d’abandonner toutes résistances égotiques.

Et nous nous rendons compte que finalement, plus on lâche, plus ce lieu devient enveloppant et accueillant. Comme une mère sévère avec ses enfants mais qui leur donne malgré tout beaucoup d’amour.

Après avoir découvert beaucoup de lieux magiques, un jour nous sommes tombés sur un endroit extraordinaire, abandonné par les humains mais habités par des énergies douces et puissantes avec une variété d’arbres, de plantes, de rochers atypiques. Cette luxuriance nous a rappelé ce que nous vivions en miroir dans notre couple. Notre vie est tellement intense au niveau spirituel, énergétique, intime, familial, professionnel et relationnel, qu’il nous est apparu évident que c’était à cet endroit où cette cérémonie devait avoir lieu, guidés par notre amie Marie…

Ce fut une journée magique. Nos liens se sont resserrés.

Tous les deux, nous nous sentions plus connectés, plus fusionnels encore l’un à l’autre. Plus sensibles aux énergies et reconnaissant de tout ce qu’elles nous ont apporté.

Nos deux familles respectives, qui avaient fait un long voyage pour assister à la célébration de notre union, ont pu se rendre compte de nos engagements, de notre authenticité et du chemin sur lequel nous évoluions ensemble, nos enfants et nous. Un chemin qui leur a été inspirant, quelque soit leur ouverture de conscience.

L’amour, le respect et la bienveillance de chacun, ont fait de cet événement, un moment inoubliable pour nous.

Suite à cette cérémonie, nous avions décidé de faire notre voyage de noces au Mont Saint-Michel, dix jours après.

 

3ème union : Retour à l’Essence – ciel

 

Le Mont Saint-Michel est un lieu particulier qui nous est cher.

Au-delà de sa puissance et de ce qu’il émane, il nous touche, il nous appelle, il nous dit quelque chose.

Quel voyage !

 

Dès le matin du départ, je me sentais éparpillée. Happée par mes obligations administratives qui accaparait mon mental, je grognais et me dispersais en parlant de tout et de rien.

Dans la voiture, David, qui essayait d’intercepter mon attention comme on essaierait d’attraper des ballons qui s’envolaient dans le ciel, me conseilla vivement de me recentrer afin que ce voyage nous soit profitable et surtout pour rester dans l’énergie de notre union.

Il avait raison. Je décidai de méditer pendant qu’il conduisait.

Ce fut étrange. Ce sentiment d’un coup où tout se déposait comme si plus rien n’avait d’importance, à part cet instant là, que nous vivions tous les deux.

Je lui avais ouvert ma bulle et j’entrais dans la sienne, histoire, qu’enfin nous parlions la même langue du cœur. Quelque chose se connectait à nouveau, comme si nos histoires s’entrelaçaient et se révélaient à nous.

 

Nous nous sommes mis à parler de nos peurs, de nos hontes durant notre enfance, de certains secrets dont nous n’avions parlé à personnes. Des maux d’enfants qui étaient tapis au fin fond de nos êtres et qui sont d’un seul coup remontés à la surface, comme venus de nulle part.

Des révélations qui s’éclaircissaient en soi, à mesure qu’elles étaient dévoilées à l’autre. C’était fort.

Nous comprenions alors, que dès le départ, l’énergie des lieux, nous guidait exactement sur le chemin vers lequel elle souhaitait nous emmener.

 

Le repas du midi, pris aux pieds du Mont Saint-Michel, fut agrémenté de grandes prises de conscience sur nos croyances et fonctionnements respectifs.

Toute la journée a été ponctuée de moments plus intenses les uns que les autres.

Tout d’abord dans cette Chapelle qui nous a appelés à ne plus croire aux apparences modélisées par le mental mais à donner la chance à la puissance de l’instant.

En effet, cette Chapelle était traversée par le flux touristique, d’une porte à une autre car nul ne s’arrêtait vraiment. Pour nous, qui souhaitions nous recueillir, ce flux nous emportait et nous était désagréable car on se sentait oppressé. On pouvait donc porter un jugement vers ce qui se passait à l’extérieur de nous : le manque d’intérêt ou le manque de respect pour ce lieu. David avait envie de fuir.

 

Je sentis qu’au contraire, nous devions porter notre regard dans une autre direction, que nous devions malgré tout nous poser et simplement écouter. Et effectivement, le simple fait de se poser, c’est comme si tout s’arrêtait. Un peu comme dans la voiture, lors de ma méditation, comme si cela nous menait vers un autre espace, une autre dimension.

Ce lieu était finalement calme et empli d’amour à qui s’arrêtait vraiment pour le voir, sans jugement et sans attente. Son énergie nous a enveloppés tous les deux comme pour nous souhaiter la bienvenue.

Nous y avons fait don d’une partie de nos résistances et en sommes ressortis plus légers et reconnaissants.

Ensuite, dans cette Abbaye qui était plus haut (à quelques centaines de marches au-dessus), envahie par le vacarme des travaux et les crient des guides touristiques qui essayaient de se faire entendre.

Oui… Ne pas s’arrêter à ce qui se passait sous nos yeux mais juste se laisser guider par le cœur afin de le laisser nous mener dans un espace intemporel, à l’écart de cette apparente réalité.

 

Ce qui nous a directement menés à nous arrêter derrière un moine qui priait à genoux, dans une abside, derrière le cœur. Nos bulles se sont connectées à la sienne et nous avons été envahis par une sorte de spirale intemporelle et une symphonie angélique est venue recouvrir le brouhaha du monde extérieur, comme un cadeau que l’on nous offrait et qui vibrait en nous.

Et le plus extraordinaire, c’était que David et moi, l’avions entendu tous les deux.

Ce moment de grâce a donné la tonalité à la suite de notre voyage.

Comme deux gosses, nous nous amusions à voyager de dimensions en dimensions selon les lieux dans lesquels nous nous trouvions.

 

Et à la tombée de la nuit, le lieu nous offrait son plus bel épilogue. Au sommet, nous contemplions ce paysage incroyable, d’une luminosité surréaliste, fascinés et hypnotisés face à ce spectacle, alors que les portes allaient se fermer, nous n’arrivions pas à nous extraire de cet état extatique.

 

Le voyage s’achevait ici mais nous comprenions que finalement, il ne faisait que commencer.

Nous prenions la mesure de ce que nous vivions à cet instant tous les deux réunis et UNIS.

Le retour en voiture nous a offert d’intégrer dans nos corps physiques, toute la douceur et la félicité qu’ils méritaient.

 

Ces trois unions nous ont révélé qu’il était inutile de chercher la « transcendance » avec la bonne personne tant qu’on n’accepte pas de lâcher ses croyances.

Parce qu’on peut passer sa vie à chercher l’autre, à se chercher soi, à chercher l’état de grâce ou à trouver le lieu extraordinaire et propice pour nourrir ses fantasmes.

Rien n’arrivera tant qu’on ne se dépose pas. Tant qu’on n’essaie pas de voir autrement. Tant qu’on croira ce qui est face à nous. Tant qu’on aura des certitudes.

Si tu crois qu’il n’y a rien, il n’y aura rien. Si tu crois que la vie est dure, elle sera dure, si tu crois que tu ne mérites pas d’être aimé, alors tu ne seras pas aimé.

 

Juste…

 

Si tu t’arrêtes. Tu verras. Tu verras autre chose. Tu verras autrement. Sans les lunettes de Monsieur et Madame Toutlemonde, tu verras l’autre dans sa lumière et non plus voilé par les filtres de tes conditionnements.

 

Peggy et David.