Construction de notre yourte

Notre belle aventure a commencé le 1er juillet 2016, le lendemain de notre déménagement.

La veille, j'arrivais à 23h à la Chapelle de Brain avec mon camion de 30 m3 rempli à raz bord de mon ancienne vie à Amiens.

Nous avions parcouru fastidieusement presque 10h de route ! Nous étions tous exténués (le mot est faible).

David, lui, avait déjà fait un aller-retour le 29 juillet en provenance de Vihiers (près d'Angers), pour revenir définitivement le 30.

Je pense pouvoir également affirmer qu'il n'était pas forcément dans un meilleur état que nous.

 

Toutes les pièces qui débordaient de cartons, allaient devoir attendre que nous ayons construit notre yourte pour que nous nous en occupions. Assez frustrant d'une part mais de l'autre, très excitant de ce qui nous attendait.

 

Notre belle équipe de choc était composée de Francine (ma maman), de Loïc (mon frère), de Gérard (mon père), de Claude (papa de David) et de Nicole (sa compagne), de Kyllian (fils à David), d'Olivier et de Raphaël (amis), d'Anne et de Sabine, de nos enfants (Nathan, Jade, Aizan, Laïa et Ayoumi).

 

Jour 1 : Pose des parpaings - Raccord d'eau de la maison à la yourte

Le sol avait été mis à niveau quelques jours auparavant par un maçon afin de nous permettre de poser les parpaings qui allaient accueillir le sol de notre yourte.

Autant dire qu'il fallait être précis et très minutieux. Un vrai défi pour notre équipe qui n'avait pas l'habitude de ce genre de travaux (on ne construit pas une yourte tous les jours) mais grâce à l'expérience, la patience, à la bonne volonté de chacun et à quelques précieux conseils de notre amie bâtisseuse Marie, de passage parmi nous, le travail a pu s'accomplir rapidement.

Je rajouterai quand même, que fort heureusement, notre équipe était composée de personnes très volontaires, courageuses, habiles et expérimentées dans les travaux de maçonnerie en tous genres. 

Pour ma part, tenir une perceuse ou un tournevis ne me faisait pas peur mais dépassait largement mon champ de compétence. Je m'en tenais donc à gérer l'intendance, le reportage photos et vidéos, l'organisation des repas, du rangement des choses indispensables (dur de ne pas trouver la cafetière le premier matin !) et à un tas de trucs qu'on n'imagine même pas. Je pense que j'ai dû monter au moins 500 fois les escaliers (et il y en a beaucoup chez nous) et j'ai du parcourir quelques km en une journée. Journée marathon ! Et en fin ou début de journée, je massais et remettais quelques vertèbres des ouvriers qui s'étaient blessés (ça, je sais bien faire !).

 

En parallèle, nous devions creuser une tranchée reliant la maison et la yourte afin d'y faire arriver l'eau et l'électricité.

Notre équipe avait commencé à s'atteler à cette tache avec pelles et pioches. Mais le sol était composé de roches et de cailloux !

Voyant leur mine déconfite et l'énergie qu'ils avaient déjà dépensé, j'ai décidé d'appeler le maçon, qui en deux coups de pelleteuse, termina le travail rapidement.

Suite à cela, j'ai eu quelques dos à remettre en place mais après cette première journée longue et fastidieuse, nous étions contents et soulagés de nous réunir autour d'un excellent repas préparé par Nanou (Francine ma maman), la chef de cuisine qui avaient la lourde tâche de sustenter les 17 personnes présentes sur les lieux.

 

Nicolas Chailloux, le constructeur de la yourte et Malissa (compagne d'Olivier), nous rejoignirent le soir même pour partager notre repas.

Nous avons fêté par la même occasion, les 12 ans de Nathan (deuxième fils de David).

 

Mon frère qui est plombier chauffagiste comme mon père, a travaillé jusque 22h en non stop pour que la yourte puisse enfin être raccordée à la maison en eau. Bravo à lui !

 

Jours 2 : Pose du sol, de l'isolant de plancher et des treillis.

 

Premier jour de construction de notre yourte :

Le temps ne jouait pas en notre faveur puisque la pluie et les rafales de vent étaient au RDV.

Car comme disent les bretons : "En Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jours." Je confirme !

En l'occurrence, là, on attendait impatiemment après le fameux "beau".

Mais même pas peur ! Nicolas avait tout prévu en construisant un chapiteau avec une immense bâche au-dessus du chantier !

Cette météo a pas mal ralenti les travaux mais nous avons tout de même pu continuer à travailler.

Heureusement, le soleil nous a rejoint après le déjeuner. 

J'ai bien évidemment pratiqué en urgence, la danse du soleil avec la petite prière qui va bien avec afin que nous puissions jouir d'un temps correct. Ca a fonctionné !!!! Si si ! La preuve en photo ! Le soleil nous a enfin souri.

 

Les panneaux de la structure de base ont donc été posés sur les parpaings. Nous avons ensuite "balancé" de l'isolant écologique (ouate de cellulose) sur le sol avant de le recouvrir du plancher.

Cet isolant est fabriqué à partir d'environ 85 % de journaux recyclés ; Les 15 % restants étant un additif ignifugeant comme l'acide borique (en attendant la mise au point d'un substitut plus écologique ou sûr en termes de santé environnementale ou un mélange de sel d’ammonium ignifugeant (ex : sulfate d'ammonium interdit depuis juin 2013 en France1) et de produits fongistatiques et biocides).

David a adoré manger de la ouate ! ;-)

Ceci,dit, durant le remplissage, tout le monde a eu sa ration !

 

La ouate ayant bien rempli les panneaux de part et d'autre pour nous garantir une très bonne isolation, nous avons pu poser les plaques OSB. Nous avions alors une première vision de l'espace qu'allait prendre notre yourte.

 

Le sol posé, nous avons ensuite fixé les porte-fenêtres et accroché les treillis (structure en bois murale).

Afin de prévoir l'éventualité d'une météo capricieuse la nuit, nous avons recouvert le sol d'une bâche.

 

Le soir, les ouvriers exténués par une journée riche et pour le moins étonnante, étaient soulagés de se poser autour d'une table pour y savourer un bon apéro bien mérité et un repas préparé avec amour.

Il était impératif de terminer à l'heure pour assister à la demie finale de foot : France/Allemagne

Mon père et Olivier ne voulaient pas manquer cela ! La télé n'étant pas encore connectée à internet, ils ont dû se rendre à Redon pour y assister. Heureusement, ce fut un beau match où la France a gagné 5/2. 

 

 

 

Jour 3 : Pose des perches (ossature en bois du plafond), des toiles de décoration des murs et du dôme et du frein vapeur (toile anti-condensation du plafond)

 

Deuxième jour de la construction de notre yourte :

La pose des perches sur le toit commence à dessiner le squelette de la yourte.

Mon enthousiasme grandit et au fur et à mesure que la yourte se construit, chacun commence à entrevoir concrètement l'ampleur de notre projet qui prend de plus en plus forme.

Je fus beaucoup émue à la fin de la journée. Un peu comme une femme enceinte qui sent son bébé bouger en elle et qui voit son ventre s'arrondir :-)

 

Les toiles de décoration étant fixées, nous avons déployé le frein vapeur sur le toit. Ce qui empêchera la condensation et donc l'humidité au niveau du plafond.

Pendant ce temps, on découpe les rouleaux d'isolant Métisse qui seront fixés sur les treillis et on a organisé un atelier de couture (auquel j'ai pu participer puisque c'était enfin dans mes compétences !) afin de relier entre eux les carrés d'isolant Métisse qui seront positionnés sur le toit.

Cet isolant provient du recyclage de vieux vêtements en coton, dont des blue jeans ou des pantalons en velours. Ces isolants, qui présentent des performances intéressantes en termes de retardement de flamme ou de respect de la santé des installateurs et des occupants, ont été certifiés par le CSTB.

 

Entre deux, j'ai dû réparer des dos, des genoux, des bobos en tous genres... Mais c'était avec grand plaisir que je contribuais à ma façon à ce grand ouvrage.

J'étais tout de même très impressionnée par l'énergie et l'enthousiasme que chacun déployait. Tous étaient d'une efficacité redoutable.

Quelque était la difficulté, tous donnaient le meilleur d'eux-mêmes avec spontanéité et bonne volonté.

David et moi en avons été très touchés.

Pas facile pour moi dans ce champ de compétence, d'être à la hauteur de ces travailleurs, que je qualifierai même d'acharnés.

Je constatais que chaque personne ici présentes travaillait dur tant que le travail n'était pas fini.

Le matin, tout le monde était à l'heure sur le chantier et le soir, tant que le chef n'avait pas dit "c'est fini pour aujourd'hui", tout le monde restait sans broncher et même avec le sourire !

J'en ai même pleuré, devant ce beau cadeau que nos familles et nos amis nous offraient de bon coeur.

 

Jour 4 : Pose des isolants et de la toile extérieure sur le toit et les treillis - Début de la pose du plancher

 

Troisième jour de construction de notre yourte :

Anne et Sabine nous ont rejoint ce jour pour nous apporter une aide précieuse car à ce moment précis, nous avions réellement besoin de main d'oeuvre supplémentaire.

 

Ainsi, après avoir posé l'isolant sur les treillis et avoir fini les grosses coutures des carrés d'isolant du dôme, nous avons dû réunir tous nos petits bras musclés afin de réussir à déposer cet immense patchwork d'isolant Métisse sur le toit.

Travail périlleux et fastidieux avec des escabeaux qui ne tenaient que sur deux pieds à cause du sol escarpé, nous avons tous sué de grosses gouttes sous ce soleil de plomb, gentiment offert par l'Univers. 

Chose faite, restait à le dérouler comme on déroule une crêpe dans une assiette.

Et bravo à nos acrobates improvisés, David et Kyllian qui ont terminé de coudre les deux gros patchworks d'isolant directement sur le toit, afin de les relier entre eux.

 

Enfin de la couleur ! Nos belles toiles extérieures vertes et bordeaux donnaient vie à ce squelette vibrant mais pas encore vivant !

La yourte commençait à respirer !

 

Pendant ce temps, dès le matin, Loïc s'est attelé à un travail de patience que personne n'avait envie réellement de faire : La pose du plancher stratifié. Et oui ! Poser un plancher dans une maison est une chose, mais dans une yourte !!! Les découpes ne sont pas évidentes ! Sans oublier que pour mon frère, c'était la première fois qu'il posait un parquet ! Chapeau bas car il a fait un excellent travail.

 

Et pendant ces travaux de labeur, en cuisine, s'activaient nos petits marmitons, qui, grâce aux conseils bienveillants de Nanou, ont gentiment suivi un cours de cuisine.

Grâce à eux, nous avons eu quatre beaux et délicieux gâteaux à déguster le soir même. Bravo !

 

Jour 5 : Finissions - Fin de pose du parquet, du raccord d'eau, vernissage des portes ...

 

Quatrième jour de construction de notre yourte :

Je ne saurai vous dire précisément tous les travaux de finissions qu'ils restaient à faire mais il en restait beaucoup. D'ailleurs, nous avons fini cette journée tardivement.

Loïc a dû déployer beaucoup de patience car la pose du parquet fut très longue et fastidieuse.

Mais quel beau travail ! 

 

La fin de la journée a été arrosé par notre crémaillère.

Nous avions invité notre propriétaire, Mr Berard et sa femme, que nous ne remercierons jamais assez de nous avoir autorisé à construire notre yourte sur son terrain et de nous avoir apporté toute son aide, sans aucune hésitation, tout au long du chantier, y compris, dès la livraison des matériaux. Car nous n'étions pas encore sur les lieux à ce moment précis.

 

J'ai eu très envie de faire un beau feu de camps, non seulement pour apporter de la chaleur et de la convivialité autour d'un bon barbecue mais aussi, symboliquement pour faire flamber tout ce qui n'avait plus lieu d'être sur ce lieu (en parlant en terme d'énergies).

Mon feu s'est d'ailleurs mis à danser et à nous offrir un gracieux spectacle d'une flamme très haute et sensuelle. Tel un dragon ou un phénix qui se déployait. Moment mystique très troublant. Merci à Raphaël pour sa technique de la "cheminée" posé au fond du feu.

La fumée qui s'en dégageait a donné formes aux rayons du soleil qui perçaient le feuillage des arbres.

C'était juste magique et émouvant pour David et moi. 

Je pense que nous avons pris conscience à ce moment même, de tout ce que ce lieu allait nous apporter. Un lieu aux énergies à la fois douces et puissantes. Un lieu qui nous pousse à être VRAI.

 

Jour 6 : Installation du lavabo et du poêle à pellet dans la yourte

 

La plupart de notre main d'oeuvre nous ayant dit au revoir, restaient mon frère et mon père qui finissaient de monter le lavabo et le poêle. Heureux d'avoir testé. Tout fonctionne impec !

Nanou continuait à nous préparer de bon petits plats pour garder le moral des troupes !

 

MERCI !

J'ai déjà remercié mille fois toutes les personnes qui nous ont aidé jusqu'au bout de cette aventure mais je ne le ferai jamais assez.
Merci sincèrement à mes parents, maman en chef cuisto qui nous a bien nourri, papa qui a assuré sur tous les plans, au papa de David, toujours disponible et de bonne humeur et sa compagne Nicole, à mon petit frère qui a été un vrai chef de chantier, une bête de travail, à Olivier Smagacz, qui m'a impressionnée dans sa connaissance de ce genre de travaux et son énergie aussi déployée, à Malyssa, miss camping, pour son rayonnement et son aide en cuisine, à Raphaël pour avoir été partout où on le souhaitait, à Anne et Sabine pour cette journée mémorable de la pose des isolants où leur aide a été précieuse, à Marie pour ses lumières et ses messages de toutes parts qui nous ont éclairés David et moi. Merci à Kyllian, le grand de David pour son enthousiasme et sa disponibilité, à nos enfants pour avoir été sages, à mon chéri pour avoir grave assuré partout et grand merci à notre propriétaire qui nous a accompagné et beaucoup aidé.

Merci aux énergies des lieux. 
Nous avons été tellement aidés par toutes ces belles personnes...
Nous en sommes tous les deux très émus.

Et ce sera toujours avec grand plaisir que nous accueillerons chacun de vous dans notre humble demeure.

Là où nous nous sommes unis pour donner vie à notre beau projet, grâce à vous.

Une magnifique et inoubliable aventure humaine.

 

Merci merci ! On vous aime !